Au lendemain de la grève de 1949

Parade lors de la grève 1949
La grève de 1949 fut sans aucun doute l’événement le plus important de l’année. Suite à cette grève, le marché du travail au Québec fut changé à tout jamais. Une nouvelle donnée d’importance majeure s’ajoutait à celles déjà établies. En effet, les ouvriers et les syndicats venaient de démontrer leur puissance, face à la direction des grandes compagnies minières, face au gouvernement, face au clergé et face à la population. Ces moments de lutte ouvrière ont placé les syndicats de l’amiante et leur fédération au premier plan de l’actualité. Ce fut donc une publicité considérable, à travers tout le Québec, pour le syndicalisme catholique. Cette épreuve de résistance contre toutes formes antisyndicales ont passé à l’histoire comme un haut fait d’armes. Il est certain que dans les négociations futures, la conciliation fera place aux revendications et même à la confrontation.
Rodolphe Hamel, Jean Marchand et Georges Dionne lors de la grève 1949.
SAHRA - Fonds Syndicat des travailleurs de la Société Asbestos Limitée (CSN).

La fin de la grève eut lieu le 24 juin 1949. Les mineurs acceptaient la sentence arbitrale pour l’année 1949. Ils voulaient un document signé à la fin de la grève par les compagnies minières, selon l’article 15 de la Loi des Relations Ouvrières, enfin la montée de l’indice du coût de la vie depuis janvier 1949.

Les mineurs recevront une augmentation de 10 sous l’heure, les journées chômées passeront de 2 à 4 alors qu’on en réclamait 9, trois semaines de vacances payées mais seulement après 2 années de service. Tous les travailleurs reviendront au travail sauf ceux qui seront condamnés pour leur geste de violence pendant la grève.

Pour la première fois dans leur histoire, les mineurs avaient fait front commun et découvert leur grande solidarité. De plus ils avaient réussi à interpeller toutes les couches de la société québécoise. Cette grève se déroula sur un longueur exceptionnelle pour l’époque. Enfin, elle avait permis de mettre à jour les vices d’application de la loi et des abus auxquels elle donnait lieu.

Dans les années qui suivirent, la grève de 1949 démontra clairement qu’elle avait été l’une des plus grandes victoires ouvrières au Québec. Cette lutte fut un modèle et un stimulant pour tous les travailleurs du Québec. À partir de l’expérience des mineurs de Thetford, il s’est bâti au Québec un syndicalisme québécois qui est unique pour ses structures démocratiques, son organisation qui permet une solidarité de tous les travailleurs, l’honnêteté de ses conventions.

Les travailleurs de 49 ont acquis peu de choses concernant leur contrat de travail. Cependant ils réussirent la plus grande victoire morale de leur époque. Ils prirent conscience qu’un grain de sable peut, selon l’endroit où il est placé et malgré sa petitesse, soit réaliser de grandes choses, soit engendré des dégâts considérables.