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Au Canada français, les cordonniers étaient parmi les plus connus des artisans. Nombreux, autant à la ville qu’à la campagne, ils étaient aussi appelés savetiers ou faiseurs de galoches. Depuis le début de la colonisation, l’image de cet artisan du cuir, assis dans son atelier, ne s’est guère modifiée jusqu’au 20e siècle.

À la fin du 17e siècle, des cordonniers ambulants exerçaient leur métier en façonnant des chaussures qu’ils allaient vendre de porte en porte. Il leur arrivait bien souvent d’utiliser le cuir de leurs clients. Par la suite, ils commencent à établir leurs ateliers permanents, vendant même des chaussures façonnées dans du matériel qu’ils gardent dans leur boutique.

La cordonnerie, souvent une annexe à la maison ou même une pièce de celle-ci, était un lieu de sociabilité où se retrouvaient amis et flâneurs pour discuter et jaser des événements récents. La boutique, habituellement minuscule, était souvent surmontée d’une enseigne en tôle découpée, en forme de botte, sur laquelle le nom de l’artisan apparaissait. Pour son métier, le cordonnier devait connaître les propriétés des différentes parties du cuir et être habile de ses mains. Il se servait de formes de bois et de patrons, de marteaux, de clous, de couteaux, d’alênes et d’un pied de fer. Outre les chaussures, il pouvait rembourser une selle usée, confectionner des attelages ou de grosses mitaines de cuir.

Il ne gagnait pas cher et devait souvent faire crédit à ses clients. Comme dans d’autres métiers, la cordonnerie était souvent une affaire de famille. On était cordonnier de père en fils ou on faisait son apprentissage dans la parenté. Vers le milieu du 20e siècle, les modes de consommation changent. Les cordonniers n’effectuent plus que des réparations car les gens portent désormais de chaussures achetées toutes faites, mieux finies que celles que pouvait réaliser l’artisan.