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Autrefois lieu de passage et de rencontre, la forge était habituellement située en plein cœur du village. Espace de sociabilité important, on s’y rencontrait bien souvent pour échanger et transmettre les dernières nouvelles. L’atelier de travail du forgeron demeurait noirci en permanence par la fumée, meublé du haut-fourneau de la forge, d’une grosse enclume, du soufflet, de nombreux et lourds marteaux en fer avec manches de bois, de ciseaux et de pinces diverses. Les murs étaient garnis de cerceaux, de nombreuses pièces de métal et de tiges de fer. Le bruit familier du marteau frappant sur l’enclume rappelle cette période marquée par le tic-tac du balancier d’une horloge ou le carillon des cloches de l’église.

Le perfectionnement de l’agriculture et l’expansion du cheval dans les transports ont grandement favorisé l’essor de la profession de forgeron. Personnage polyvalent, il cumulait bien souvent les fonctions de maréchal-ferrant, ferronnier, serrurier, cloutier ou taillandier. Il forgeait à la main différentes pièces et outils en métal, réparait les instruments en fer, ferrait les chevaux et les boeufs, fabriquait les pièces en fer des charrues, des attelages, l’outillage nécessaire aux travaux des champs ainsi que les divers objets de la vie domestique tels que crémaillères, trépieds, ou grils. Il n’était pas rare qu’il s’occupe des dents et autres problèmes mineurs des chevaux.

Le forgeron passait pour vaillant, habile et fort. La légende et la réalité s’entremêlent parfois pour lui assurer une considération plus importante que celle dont il jouissait vraiment dans sa communauté. On chuchotait parfois qu’il avait des muscles d’acier... Avec l’invention de l’automobile, la pratique du forgeron se dépouille et se transforme dans certaines régions. Au fil des ans, certains forgerons se métamorphosent en mécaniciens et la boutique devient le garage.