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Autrefois, l’institutrice était l’âme de son école. Sur l’échelle sociale, on considérait qu’elle prenait place juste après le curé et le médecin. Cette position enviable et respectée découlait du rôle qu’elle jouait au sein de la société québécoise.

La maîtresse d’école, dont le terme provient de l’anglais schoolmistress, avait pour tâche générale d’enseigner le petit catéchisme ainsi que le français, l’arithmétique, l’histoire, la géographie et les règles de la bienséance. Les enfants qu’on lui confiait devaient acquérir une bonne culture générale, être éveillés à leur appartenance culturelle de langue française et surtout, être instruits de leur religion.

Au Québec, la petite école de niveau élémentaire, au village ou dans les rangs, a été instaurée par la loi de 1829 et visait à encourager l’instruction dans les milieux ruraux. Toutefois, ce n’est qu’en 1946 que la fréquentation scolaire devient obligatoire, alors qu’on reconnaît de plus en plus l’importance d’acquérir des connaissances couronnées par des diplômes.

Jusqu’au milieu du 20e siècle, l’institutrice vivait bien souvent dans l’école. Elle enseignait dans une classe à multiples niveaux, allant de la première à la septième année. La maîtresse d’école avait donc une charge de travail importante durant le jour et pendant la soirée, alors qu’elle devait faire les corrections, la préparation de classe du lendemain et faire le ménage, pour un maigre salaire. C’était à l’âge de sept ans que l’on commençait à fréquenter l’école, pour l’abandonner vers treize ans, généralement pour aider les parents dans les travaux de la ferme, ou pour faire l’apprentissage d’un métier.

La maîtresse d’école a souvent été une héroïne ignorée, obligée d’enseigner dans un local mal adapté, parfois peu soutenue par un employeur qui ne pensait qu’à économiser. Avec le temps, de nombreuses communautés religieuses de femmes et d’hommes se sont imposés dans l’éducation. D’ailleurs, la première moitié du 20e siècle marquera l’apogée de la présence religieuse et de sa domination dans le système d’enseignement au Québec.